Pourquoi une vie accomplie commence-t-elle par le silence?

(my testimony is available in English here)

Tout d’abord, je prie et j’espère que votre nouvelle année est remplie d’amour, de gratitude, de foi et d’espoir, de joie, de charité, d’empathie, de sens, de paix et de plus de moments de silence.

Il n’est pas nouveau de dire que nous vivons dans un monde bruyant rempli de distractions et de sources d’information et d’inspiration. En conséquence, il est plus difficile pour beaucoup de trouver la clarté et de prendre les bonnes décisions dans la vie.

Aussi, puis-je vous poser quelques questions. Comment avez-vous commencé 2018? Cette année, comment allez-vous vivre chaque jour avec passion et épanouissement? Quelle sera votre principale source d’inspiration pour la prise de décisions?

J’ai commencé 2018 avec une expérience totalement nouvelle. J’ai choisi de m’éloigner des soirées bruyantes. Au lieu de cela, j’étais assis pendant six jours entiers dans ce que Matthew Kelly appelle «la grande classe de silence». Oui, vous m’avez bien compris. Juste après le jour de Noël, j’ai quitté la maison de mes parents (sur l’île de Martinique) et je me suis rendu au Foyer de Charité pour une retraite de silence de six jours.

Je suis ressorti le 1er janvier 2018. Cette expérience m’a profondément transformé. Ce fut l’une des expériences les plus exaltantes, « transformatrices » et significatives que je n’ai jamais eues.

Voici mon témoignage, et je suis honoré de le partager avec vous.

Dans ce dernier, j’explique tout d’abord ma source d’inspiration. Je vais aussi décrire comment cette retraite de six jours de silence a enrichi mon cœur, mon âme et ma vie. Enfin, je vais vous expliquer pourquoi il est essentiel de faire place au silence.

Comment en suis-je arrivé là?

Ma relation avec le silence a commencé il y a trois ans.

Quelques jours après le décès de mon papa, j’ai rendu visite au Père Jean-Michel Monconthour pour ses conseils et ses prières. Lors de notre conversation, paisible et pleine, le Père Jean-Michel Monconthour m’a dit: «Aussi triste que cela puisse être, je veux que tu gardes à l’esprit que ton papa terrestre sera toujours dans ton cœur, il t’aimera toujours, mais aujourd’hui, il est en train de passer la main à ton papa céleste (Notre Seigneur). ” Sur le coup, je n’ai pas saisi la profondeur de ces mots, mais il est vrai qu’à partir de ce moment précis je me suis retourné vers Dieu pour du confort, de la force et la paix. En fait, Il m’a attiré à Lui. Par exemple, je tenais régulièrement dans mes mains mon chapelet ou une petite croix, j’écoutais des chansons du groupe Américain de Jésus Culture, je trouvais du réconfort dans les enseignements chrétiens et je passais le plus clair de mon temps à la maison avec ma maman. Très souvent, j’étais seule dans ma chambre.

Cependant, un jour, une de mes ami(e) s m’a encouragé à sortir de la maison pour prendre l’air et faire de l’exercice. Le lendemain matin, j’ai attrapé mon chapelet et je suis parti marcher autour du terrain de golf. Ce golf situé aux Trois-Ilets mesure plus de 60 hectares et offre de un superbe parcours panoramique, ce qui est fort pratique pour les joggeurs avant le lever ou le coucher du soleil. Quand je suis arrivé, c’était encore l’aube. Il n’y avait personne aux alentours. J’ai tout de suite aimé l’air frais, la rosée sur l’herbe, le paysage paisible et ce moment de calme.

J’ai tellement aimé cette expérience que j’ai fait la même chose presque tous les matins pendant environ deux mois. Je marchais sur le terrain de golf en priant le chapelet ou écoutant de la musique spirituelle et j’observais la nature pendant environ deux heures chaque jour. Une de mes plus profondes expériences profondes fut la contemplation silencieuse des arcs-en-ciel. En fait, chaque fois que je me sentais submergé par la tristesse, il pleuvait un peu, et tout d’un coup un magnifique arc-en-ciel recouvrait les collines. Ces moments ont toujours réjoui mon coeur. Pour moi, j’interprétais cela comme des signes d’encouragement et d’espoir de la part de Dieu et de mon ange gardien.

A travers cette expérience, j’ai trouvé du réconfort dans le silence et la nature. En bout de trois mois, j’avais un peu plus de joie et d’espoir dans mon cœur.

Au moment de rentrer à Los Angeles, j’ai eu un profond désir de passer plus de temps en solo avec Dieu, de rester à l’écart des zones bruyantes et congestionnées et de déménager vers un environnement plus sain, propre, joli et serein. Finalement, un an et demi plus tard, deux amis (Delali & Damon) m’ont accueilli dans leur maison. J’ai déménagé de la ville bruyante de Sherman Oaks (San Fernando Valley) vers la ville décontractée, plus calme, plus verte et axée sur la famille de Thousand Oaks (Conejo Valley).

A travers mon cheminement, j’ai découvert ce dont parlait Denzel Washington dans son discours à l’Université Dillard. J’ai appris qu’il faut mettre Dieu en premier dans tout ce que je fais. Pour y arriver, je devais me retirer dans un endroit où IL se révèle le mieux. Cet endroit c’est le silence. A travers le silence, j’ai appris à ressentir son amour et mieux discerner le sens de ma vie.

Randonner dans le silence et prier seul tout en contemplant les paysages de montagne m’ont également apporté le sourire, de la joie, l’espoir, le sens et de nouvelles idées. Par exemple, pendant que je faisais de la randonnée, j’ai appris à surmonter certaines de mes peurs et à être à l’aise avec moi-même. Le silence et le discernement ont également inspiré des changements significatifs dans mes relations. De plus, le silence et la solitude m’ont permis de me faire de nouveaux amis au sein des paroisses de St Jude, St Max, St Paschal et St Julie.

(Certains de mes amis des différentes paroisses)

Ces nouvelles amitiés et activités m’ont enseigné beaucoup d’autres leçons de vie tel que l’humilité, la fraternité, la gentillesse, le service et la charité, le respect, les relations interculturelles et les rôles des pères de familles. Ces moments de silence m’ont aidé à clarifier et à redéfinir mes priorités et mes objectifs personnels et professionnels.

Mes réflexions m’ont également conduit à organiser avec d’autres expatriés des activités charitables et mensuelles autour de Los Angeles. Notre but est de faire une différence dans la vie des moins fortunés.

(Avec 18 expatriés et en partenariat avec l’église de St Sebastian Catholic Church nous avons fourni une expérience unique de Thanksgiving à 60 sans-abri)

Malgré les grands ajustements pour amener plus de silence dans ma vie pour mieux entendre Dieu, et permettre à la clarté d’émerger dans ma vie, j’ai toujours besoin d’apprendre à vivre une vie « intentionnelle » chaque jour. Il y a encore du travail pour lier la parole à l’action. Par exemple, ma meilleure amie Ebony et certains membres de ma famille m’on souvent reproché de passer trop de temps assis devant mon ordinateur et sur les réseaux sociaux. Je sais aujourd’hui que ces activités ont ajouté des distractions et des confusions dans ma vie, réduit mon attention, alimenté mes peurs et la procrastination et réduit ma productivité. Ainsi, l’été dernier, j’ai commencé à faire de nouveaux changements. Par exemple, j’ai commencé à utiliser une application anti-sociale pour bloquer les distractions numériques, réduire la procrastination et faire avancer mes projets. J’ai également repris une vieille habitude qui consiste à écouter des livres audio ou des enseignements tout en faisant du sport. Cela m’a aidé à augmenter ma productivité, à grandir spirituellement, à faire taire les oppositions mentales, à surmonter mes peurs et à poursuivre ce que Dieu avait planté dans mon cœur.

Un jour, lors d’une conversation avec ma cousine Myriam, je lui ai ouvert mon coeur. Bien que nous ne nous voyions que durant les vacances en Martinique, nous nous sommes beaucoup aidés spirituellement. En fait, tout a commencé il y a deux ans après une retraite spirituelle. Avec dix autres jeunes adultes, nous avons créé un petit groupe sur WhatsApp pour développer nos amitiés et partager nos ressources spirituelles. Ainsi, au cours de notre conversation, j’ai parlé à Myriam des sujets de confusion, d’indécision et de frustration qui existaient dans ma vie. A un moment donné, je lui ai dit que je cherchais une autre retraite spirituelle pour mes vacances de décembre 2018 en Martinique. Après un court moment de réflexion, elle répondit: «Tu sais quoi, il y a deux ans, ma mère et moi avons effectué une retraite silencieuse au Foyer de Charité en Martinique. Je crois que la retraite du silence pourrait t’aider à trouver une certaine clarté. Tu devrais la faire. Je suis sûr que tu aimeras également. »Il ne m’a pas fallu trop longtemps pour contacter le Foyer de Charité en Martinique.

Quelques jours plus tard, j’étais inscrit à la retraite de silence du mois de décembre. J’avais appris à être à l’aise avec moi-même et à faire place au silence. Cependant, être dans le silence avec un grand groupe de retraités pendant toute une semaine était quelque chose de nouveau pour moi. J’étais tout de suite très emballé par cette nouvelle expérience.

Le jour de Noël, j’ai appelé ma cousine pour discuter un peu du déroulement de cette retraite et du code vestimentaire à l’intérieur du Foyer de Charité. Elle en profita pour me donner son témoignage et me parler des conversations dans le silence.

Vous devez peut-être vous poser la question : qu’est ce que c’est un Foyer de Charité?

Un Foyer de Charité accueille ceux qui ont besoin de paix et de vérité et qui les cherchent dans le Dieu vivant et son amour. Grâce à des retraites d’une semaine, le Foyer vise à donner aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui une opportunité semblable à celle de ceux qui ont entendu l’Évangile en Galilée: s’éloigner pour un temps, se concentrer sur Jésus et sa Parole, et revenir à la préoccupation de la vie éclairée et enrichie par Lui. La retraite répond aux grandes questions que se posent les hommes et femmes: quel est le sens de la vie, de l’amour, de la souffrance, de la mort. Un Foyer de Charité est une communauté de laïcs travaillant ensemble sous la direction d’un prêtre, le Père du Foyer, au service de ceux qui viennent au Foyer en retraite.

Grâce à une inspiration nourrie dans la prière par une fermière, Marthe Robin, et au travail apostolique d’un prêtre diocésain, le Père Georges Finet de Lyon, ils fondèrent le premier Foyer de Charité en France en 1936. En 1986, le Conseil Pontifical pour les Laïcs a reconnu L’Œuvre des Foyers de Charité comme association Internationale de fidèles de droit pontifical. Dans le cadre des retraites spirituelles, les 76 Foyers de Charité répartis sur les 4 continents, accueillent plus de 50 000 personnes par an. Aujourd’hui, on compte 28 Foyers en Afrique, 15 en Amérique, 9 en Asie et 24 en Europe dont 13 en France. Dans chaque foyer, les membres offrent le même accompagnement bienveillant, fidèle au message d’amour du Christ. Certains Foyers de Charité exercent une mission supplémentaire (écoles, dispensaires, hébergement de vacances, volontariat).

La retraite de 6 jours aux Foyers de Charité s’adresse à tous ceux qui cherchent à s’évader et à mettre de l’ordre dans leurs priorités, à réfléchir sur leurs vies et à cultiver leurs relations avec Dieu. Le Foyer de Charité de la Martinique est situé dans la commune de Trinité. Située sur la côte atlantique de la Martinique, Trinité est remarquable par son emplacement à l’entrée de la magnifique péninsule de Caravelle, dont la réserve naturelle est une destination très appréciée des amateurs de randonnée côtière.

Le 26 décembre, je me suis réveillé à la fois impatient et inquiet. Etrangement, je ressentais une soudaine douleur dans le bas du dos. J’avais eu ce type de douleur auparavant. C’était généralement dû à un mauvais mouvement ou à l’anxiété. Donc j’étais assez perplexe à ce sujet. J’ai appliqué un peu de crème anti-inflammatoire et j’ai essayé d’oublier la douleur. J’avais cependant l’impression que quelque chose essayait de me dissuader d’aller à la retraite. J’ai finalement quitté la maison de mes parents vers 15h et j’ai pris la route. Au fur et à mesure que j’avançais, une très forte pluie commença à tomber au point où je pouvais à peine distinguer la route et les autres voitures. Je me suis dit : « qu’est ce qu’il se passe aujourd’hui ? ». Alors j’ai commencé à prier tout fort dans ma voiture et à me dire des choses comme “Dieu est avec moi. Tout va bien se passer. Nous allons faire une bonne retraite. »A mi-chemin, je me suis arrêté pour récupérer mon amie Pascaline qui participait également à la retraite au Foyer de Charité. Il pleuvait encore beaucoup, mais comme nous blaguions, la forte pluie ne nous a pas angoissé.

Nous sommes arrivés sains et saufs au Foyer vers le coup des 16 heures.

 

Comment ces six jours de silence ont-ils enrichi mon cœur, mon âme et ma vie?

Quand nous sommes arrivés au Foyer, j’ai dit à mon amie que cette soudaine douleur au bas du dos m’angoissait. A cela, elle a répondu: “Cela a ressemble à une attaque spirituelle. Tu devrais prier et demander au « malin » de partir. Croyez-le ou non, j’ai suivi son conseil, et j’ai prié et arrêté de penser à la douleur.

Comme nous cherchions le parking, j’ai remarqué qu’un grand groupe de jeunes retraitants quittait joyeusement le Foyer, la belle allée d’arbres et l’atmosphère paisible, calme et décontractée. Tout cela m’a rassuré.

(Le Foyer de la Charité en Martinique Source: Foyer)

Nous nous sommes dirigés vers le bureau de la réception où deux membres de la communauté accueillaient les retraitants. La première était assise derrière une petite table avec dans ses mains une liste des participants. Elle s’appelait Lise. Elle a salué chaque invité avec beaucoup de douceur, gentillesse et de respect. Elle prenait son temps et ne bousculait personne. Fait intéressant, lorsqu’elle remettait les clés des chambres et quelques indications, elle regardait chaque personne dans les yeux avec un très grand sourire. C’était comme si elle nous connaissait déjà. On avait l’impression de faire déjà parti de la famille. C’était fort agréable et plaisant. Alors quand mon tour est venu, elle a dit: «Je te donne une chambre juste pour toi dans notre maison spéciale maison d’hôtes qui surplombe la baie.» Tout de suite, je me suis sentie béni. Puis Lise m’orienta vers la deuxième dame, dont la mission était de m’accompagner jusqu’à ma chambre. Quand je me suis retourné vers cette dame, j’ai marqué une pause et je lui ai dit: «par hasard, ne seriez-vous pas Isabelle?» Elle a répondu: «Oui.» J’ai répondu: «C’est moi, Jean-Marc. Je t’ai envoyé un email depuis Los Angeles. » En effet, je lui avais aussi parlé avant mon arrivée en Martinique. Elle avait l’air très gentille. De plus, son témoigne était très inspirant. Dans la première partie de sa vie, elle était ingénieur. En plus, elle avait beaucoup travaillé et voyagé à travers les Etats-Unis. Son travail l’avait amené à Portland, à Minneapolis, à Colorado Springs, à Phoenix, à Dallas, à San José, à San Francisco et à Los Angeles. Elle avait rejoint la communauté du Foyer de la Charité depuis peu. Auparavant, elle vivait en France métropolitaine. Nous étions tous les deux contents de nous rencontrer enfin face à face.

Ce fut une bénédiction et une grande surprise de partager ce moment avec quelqu’un qui connaissait la Californie.

Après avoir déballé mes affaires, je suis immédiatement sorti pour contempler la vue sur la baie et remercier Dieu. Je ressentais beaucoup de joie et gratitude dans mon cœur. Avant la tombée de la nuit, j’ai pris quelques photos, enregistré mes observations, envoyé des vidéos à des membres de ma famille et des amis proches puis mis mon téléphone en mode avion.

J’avais prévu d’utiliser mon téléphone pour télécharger et écouter mes prières quotidiennes et écouter des chants spirituels. Cependant, je me suis dit: «Tu seras tenté de consulter ton email et les réseaux sociaux.» Finalement, je me suis dit: «Durant la retraite, tu vas prier sans les messages et prières qui arrivent via email. » Pendant ton temps libre, tu iras marcher et contempler la nature, tu vas commencer un journal, lire la Bible, réfléchir sur les lectures de la retraite et te nourrir des messages d’inspiration du livre “Beautiful Hope”. Pendant la retraite, mon téléphone a été utile pour prendre des photos et vidéos, enregistrer mes mémos vocaux et filmer mes voeux de Nouvel An, ce que j’ai fait à la fin de la retraite.

Pour commencer, voici une de mes premières photos de la baie.

Vers 18h40, je me suis rendu au réfectoire pour partager le dîner avec plus de 50 retraités (âgés de 21 à 60 ans et plus), des membres de la communauté et le Père Aine. En parlant de cela, deux prêtres, le père Emmanuel Aine et le père Gérard Tietcheu, étaient disponibles sur place pour célébrer les sacrements, donner aux retraités un soutien individuel et des conseils et délivrer les enseignements (sous la forme de conférences). Le Père Emmanuel Aine était le Maître de conférences principal. Le Père Gérard Tietcheu assistait le Père Emmanuel Aine lors des messes quotidiennes, du temps de réconciliation et du support individuel.

Avant le dîner, nous avons prit un moment pour prier et bénir le repas. Pendant que nous nous saluions, le père Aine se leva et indiqua: «S’il vous plaît, profitez en pour vous présenter et discuter, parce qu’après le repas nous allons entrer dans le silence complet.» Je me suis assis à une grande table avec six autres retraitants et une personne âgée qui est membre de la communauté du Foyer. Au début, nous étions très silencieux. Cependant, nous nous observions discrètement les uns les autres. Finalement, le membre de la communauté se retourna vers un retraitant et a brisa la glace. Elle demanda doucement: «D’où viens-tu?» Est-ce ta première retraite au Foyer de Charité ?”Se fut le début d’une passionnante conversation. La plupart des gens avaient déjà fait des retraites au Foyer de la Charité auparavant. Pour quelques-uns, c’était la première retraite de leurs vies. C’était ma première retraite au Foyer de la Charité. Je répondais aux questions, mais j’étais plus intéressé par les histoires des retraitants. J’étais également impressionné par le comportement du membre de la communauté. Sa voix était douce. La lueur sur son visage et ses cheveux grisonnant incarnaient une expression apaisante de paix intérieure, de joie, de gentillesse, d’humilité et de sagesse.

En tout cas, notre premier dîner fut une expérience agréable. Après avoir fait la vaisselle et préparé le réfectoire pour le petit déjeuner du lendemain, nous nous sommes dirigés vers la salle de conférence pour recevoir des instructions et discuter du silence.

Le père Aine expliqua que Dieu désire rencontrer tous ses enfants dans un profond silence. Alors il nous a exhorta à utiliser tout ce temps pour être avec Dieu et pour Dieu seulement. Et il indiqua que «Le silence est essentiel pour entendre Dieu qui veut parler à nos coeurs.»

Les règles sur le silence étaient les suivantes:

  • Les retraitants (seuls, colocataires et couples) ne peuvent pas se parler pendant toute la retraite.
  • Les retraitants sont autorisés à parler au prêtre pendant la confession et pour demander des conseils
  • Les retraitants ne peuvent communiquer que par des gestes simples et limités dans le réfectoire, la salle de classe et la chapelle. (Mais pas de conversation)
  • Les retraitants doivent aussi maintenir une qualité de silence et un silence constant dans toutes les enceintes du Foyer de la Charité
  • Les retraitants peuvent poser des questions au prêtre en laissant une petite note dans la corbeille. (le prêtre répondra aux questions oralement durant les conférences)
  • Les retraitants doivent participer à la vie de la communauté en aidant à faire la vaisselle, en nettoyant les tables, en balayant le sol, en installant les tables pour les repas, en installant la chapelle, en répétant et chantant des louanges et des louanges.

Durant ce premier enseignement, nous avons également réfléchi sur toutes les choses (fardeau, inquiétudes, questions, soucis, distractions et mauvaises habitudes) que nous voulions donner à Dieu. Ce fut une belle expérience de déposer toutes ces choses à ses pieds. Nous avons fait ce que Philippiens 4:6 « Ne vous inquiétez de rien; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. » Après avoir fait cela avec foi, une paix a envahi tout mon cœur, et j’ai ressenti ce qui est expliqué dans le verset suivant : « Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos coeurs et vos pensées en Jésus-Christ. »

Durant la retraite, ma journée type ressemblait à ceci:

  • 5h30 du matin: réveil – prière du matin étirements du dos & douche
  • 6h30: chant des laudes
  • 7h: messe quotidienne dans la chapelle
  • 7h30: petit-déjeuner et musique introspective
  • 8h30: nettoyage du réfectoire
  • 9h15: répétition des louanges avec le directeur de la chorale et conférence et questions-réponses avec le prêtre
  • 10h40: pause
  • 11h15: répétition des louanges avec le directeur de la chorale et conférence et questions-réponses avec le prêtre
  • 12h30: déjeuner et musique introspective
  • 13h30: nettoyage du réfectoire
  • 14h00: pause
  • 15h00: Adoration Eucharistique
  • 15h30: Chapelet
  • 16h45: collations
  • 17h15: conférence avec le prêtre
  • 19h: souper et musique introspective
  • 20h10: nettoyage du réfectoire
  • 20h30: documentaire
  • 22h30 : au lit

En complément des conférences, nous avons regardé deux documentaires. L’un d’entre eux portait sur la remarquable et fascinante histoire de Marthe Robin. Je fus particulièrement et profondément inspiré en découvrant que malgré son alitement et handicap, Marthe Robin a rencontré de manière individuelle plus de 100000 personnes sur un laps de temps de 50 années pour leur prodiguer des conseils, leur donner de l’espoir et de la joie. Son dévouement à Dieu et aux gens m’a profondément interpellé avec cette question: «Jean-Marc, que peux-tu faire de plus pour servir et aider les autres?» Je veux croire que la vénérable Marthe Robin, missionnaire de l’amour, a ouvert la voie de l’espoir pour tous et nous a conduit à un moment plus profond de réflexion et de communion avec Dieu. Comme elle l’a dit dans sa prière (Le silence de l’oraison), «Ô Marie ! Ô ma sainte et bonne Mère ! Donnez-moi, donnez à tous de comprendre la grande valeur du silence dans lequel on entend Dieu ! Apprenez-moi à me taire pour écouter la Sagesse Éternelle. »

 

Faire l’expérience du silence en présence des prêtres

Le Père Aine est le prêtre qui a délivré toutes les conférences et les enseignements. Le thème de notre retraite était “Enfant de Dieu, c’est en Marie que tu nais et grandis ! »

La première chose que j’ai remarquée chez le Père Aine fut sa simplicité, son humilité, son sens de l’humour et son humanité, ce qui m’a mis à l’aise très rapidement. Le Père Aine nous a fourni une expérience unique et fondamentale à la lumière de l’Evangile. A travers le Catéchisme de l’Église catholique, il a répondu à de nombreuses questions fondamentales sur la foi chrétienne. De plus, ses profondes explications, ses réponses détaillées et ses histoires personnelles m’ont aidé à raccrocher tous les points. Voici quelques extraits de ses conférences qui ont fait échos en moi: “Écoutes celui qui veut parler au coeur.” “Le Seigneur vient nous parler en creusant un désir.” “Laissez le Seigneur faire. ” “Le Seigneur aime faire les choses avec nous.” “Dieu parle au cœur. “Le Seigneur nous cherche parce qu’il nous aime.” “Quand je relis ma vie, quel est mon désir profond.” “Il y a une différence entre vouloir faire la volonté de Dieu et le volontarisme qui est souvent nourri par l’orgueil.”

Aller à la chapelle pour assister aux messes quotidiennes, chanter les louanges, célébrer les sacrements (Eucharistie, Réconciliation), et participer aux prières communautaires (adoration eucharistique, prière de guérison intérieure) m’ont procuré beaucoup de joie, de paix, de réconfort, d’espoir et d’occasions de rencontrer Dieu. Ces expériences m’ont également renforcé et équipé pour faire face aux attaques spirituelles. Par exemple, lors de ma première nuit, je me suis réveillé sans raison à 2 heures du matin. Je me sentais inquiet et anxieux à l’intérieur. J’ai essayé de lire pour me changer l’esprit, mais je ne pouvais pas me rendormir. Alors je suis resté éveillé pendant une bonne partie de la nuit. Après avoir assisté à la messe du matin et chanté les louanges, je suis senti plus serein, et rempli de paix et joie dans mon cœur. Comme le Père Aine l’a expliqué, quand les gens participent à une retraite silencieuse et spirituelle, ils passent d’abord par une phase de nettoyage. Pendant cette période, à fur et à mesure que je passais du temps en prières et dans le silence, j’ai remarqué que certains bruits, stress, certaines pollutions extérieures et distractions ont finit par disparaître de mon esprit. Je commençais à me sentir plus en paix. D’un autre côté, une multitude de pensées se bousculaient dans mon cœur et mon esprit. Certaines étaient positives, mais plusieurs d’entre elles étaient assez dérangeantes. Certaines de ces idées et pensées créaient en moi des sentiments de ressentiment, de jalousie, de doutes et de confusion, de division, de négativité, de désespoir et d’impureté. Heureusement avec les prières, la patience et les conseils des prêtres, j’ai commencé à me sentir plus léger, serein et plus optimiste. Comme l’explique Docteur Caroline Leaf dans cette vidéo, «Dieu a donné aux humains la capacité de surveiller leurs pensées ainsi que de faire le tri et rejeter les pensées mauvaises et toxiques.» Donc, se débarrasser des mauvaises pensées et des bruits négatifs est essentiel pour entendre la voix de Dieu et comprendre le but de nos vies. Un autre avantage de la retraite spirituelle est que vous découvrirez et verrez vos péchés ou actes immoraux. Grâce à la célébration du Sacrement de Pénitence, j’ai pu confesser mes péchés. A travers mon dialogue intime et régulier avec Dieu, une histoire est remontée à la surface et j’ai pu comprendre comment mon comportement avait récemment blessé une amie. Aussi, juste après la retraite, j’ai demandé pardon à cette personne ce qui a conduit à une intéressante et constructive conversation.

Au milieu du silence, j’ai aussi appris sur la soumission à Dieu, la passion et le but de la vie. Par exemple, un matin, le Père Gérard a célébré la messe. Père Gérard souffre d’un grave handicap à l’une de ses jambes, ce qui rend très difficile ses déplacements autour de l’autel. Cependant, le Père Gérard nous a montré qu’avec la grâce de Dieu, l’amour et la foi tout est possible. Son sermon, sa dynamique gestuelle et sa voix convaincante nous ont donné un grand témoignage de foi, d’espoir, d’humilité et d’amour. Ses prières et recommandations ont été essentielles durant mon cheminement et la période de discernement.

Me concentrer et faire taire mes petites conversations intérieures (frustrations, les circonstances, les échecs & difficultés, déceptions et autres pensées toxiques) étaient par-dessus tout la résistance la plus difficile que j’ai expérimenté pendant la retraite. Cependant, grâce à la persévérance, la foi et la patience, Dieu m’a aidé à atteindre le silence total. Le cinquième jour, le Père Aine nous a invité à la chapelle pour la prière de guérison intérieure et l’adoration eucharistique. La cérémonie était chaleureuse et paisible. L’atmosphère était également chargée en émotions. Alors que nous lisions lentement la prière de guérison intérieure, je fixais le Saint-Sacrement tout en m’imaginant en train de déposer toutes mes pensées, peurs, erreurs et angoisses aux pieds de Dieu. Alors que je demandais à Dieu de tout reprendre et de me couvrir de son amour, le prêtre arriva juste en face de moi avec le Saint Sacrement. Et soudainement, mes yeux et mon cœur furent remplis d’amour, d’émotions et d’humilité. C’était comme si je me tenais en face de Dieu. A ce moment-là, Son profond amour et Sa paix ont envahi tout mon être. C’était comme s’Il avait récupéré toutes mes peines et tous mes fardeaux. Et je ressenti quelque chose de très profond et fort et fort sur la partie supérieure de mon thorax. Au fond de moi, j’ai ressenti cette impression que Dieu me regardait droit dans les yeux et il me disait: «Tu es à moi. Je suis ici pour toi. » Ce fut l’expérience la plus belle, paisible, et émotionnelle de toute ma vie.

Enfin, à travers le silence et l’observation, Père Aine m’a montré que celui qui met son espoir dans le seigneur et s’appuie sur lui, ira plus loin que celui qui s’appuie uniquement sur ses forces physiques et ses capacités intellectuelles. Comme je l’ai indiqué plus tôt, Père Aine était notre conférencier, prédicateur et prêtre principal durant toute la retraite. Il était également disponible pour recevoir individuellement chaque retraitant et nous administrer le Sacrement de Réconciliation. De plus, il nous rejoignait tous les jours pour le déjeuner. Par ailleurs, il arrivait à la chapelle vers 6 heures du matin et allait se coucher au moins vers 21 heures / 22 heures. J’imagine qu’il assurait toujours ses responsabilités au sein du Foyer de Charité. En plus de tout cela, son équipe avait préparé pour le 31 décembre, une célébration spéciale autour de l’Adoration Eucharistique et la 1ére messe de 2018. Pour l’occasion, la directrice de la chorale invita 3 lecteurs et moi-même à accompagner les pères Aine et Gérard autour de l’autel pour lire de nombreux textes. Ces derniers portaient sur le témoignage d’amour, les écrits et la vie de Marthe Robin. Durant la première partie de l’événement, qui a démarré à 21h et duré près de 2 heures, nous fîmes une pause d’une heure. Puis, juste après avoir souhaité les vœux de bonne année, le Père Aine invita tout le monde à la chapelle pour célébrer la première messe de 2018. Les retraitants, les invités et les paroissiens remplirent rapidement la chapelle et les pièces adjacentes. Cependant, la plupart d’entre nous étaient déjà très fatigués. J’étais tellement épuisé que je ne pouvais plus m’arrêter de bâiller. J’avais beaucoup de mal à rester concentré durant la messe. Cela était très embarrassant. Cependant, j’ai remarqué que le père Aine avait l’air très calme et éveillé. Je me suis arrêté un moment et je me suis demandé: “Comment cela est-il possible? Père a tant fait durant la semaine. Il devrait être épuisé.” La messe s’est terminée vers 2 heures du matin, mais le père Aine ne semblait pas du tout fatigué. C’était beau à voir. Ce jour là, j’ai appris une autre belle leçon de vie. J’ai compris que ceux et celles qui s’appuient et puisent leurs forces en Dieu sont capables de plus d’Amour envers les autres et iront au delà des limites de leurs corps.

 

Faire l’expérience du silence en présence des retraitants & membres de la communauté

Avant chaque conférence, Armande, la directrice de la chorale, nous rendait visite dans la « grande classe du silence » pour répéter avec nous les laudes et louanges. Armande est indéniablement une grande chanteuse et une travailleuse acharnée. Elle était toujours très assidue. J’aimais beaucoup son grand sourire qui accompagnait toujours sa voix. Cependant, harmoniser les voix de plus de 50 retraitants a demandé un certain temps. Pour être honnête, j’ai un peu de mal à trouver la bonne intonation et mesure. Et une certaine résistance se créait dans mon cœur. Cependant, un jour, elle dit: «Nous allons essayer quelque chose de nouveau. Les femmes vont chanter toute la louange. Et je propose aux hommes d’accompagner les femmes en chantant uniquement cette phrase non stop. Nous étions en parfaite harmonie. Les voix des femmes et les hommes se mariaient parfaitement. Nous étions tous contents et fiers de nous. À ce moment-là, j’ai commencé à apprécier les répétitions et à mettre ton mon cœur dans les louanges que nous chantions dans la chapelle. J’ai également réalisé que derrière les laudes se cachent des prières vers Dieu. En fait, Le Seigneur nous parlait et enseignait à travers Armande des leçons importantes telles que la patience, l’humilité, la contemplation, l’amour, la discipline et la soumission. Pour citer Armande, «mon but est d’aider chacun à trouver sa place et sa voix au sein du groupe.»

Un autre grand avantage du silence est l’occasion unique de contempler et d’apprendre des autres. Par exemple, quand nous étions dans la chapelle, j’ai appris la charité et le service, l’humilité et la générosité à travers deux dames, qui ont donné leurs vies à la communauté à travers le Foyer Charité. La première doit avoir plus de 80 ans. Le jour ou j’ai croisé son chemin, j’ai non seulement remarqué son doux sourire et visage, mais aussi son dos excessivement voûté. Tous les matins, elle venait discrètement dans la chapelle pour installer les micros et s’assurer que tout était à sa place autour de l’autel. Elle marchait lentement mais fermement. Et chaque fois qu’elle devait se pencher pour ajuster les câbles, j’éprouvais toujours beaucoup de compassion et pensais en moi: «C’est une tâche pour une jeune personne.» Je ne pouvais m’empêcher de regarder son visage, mais elle ne montrait jamais de signe d’inconfort ou de souffrance. Elle semblait toujours heureuse et confiante alors qu’elle effectuait toutes ses tâches de manière très consciencieuse. C’était un très beau témoignage rempli de foi, de respect, de courage et d’humilité.

Les dames de la communauté du Foyer de Charité étaient toujours très gentilles et généreuses envers nous, les retraitants. Elles nous traitaient comme des membres de leur propre famille. Je peux dire aujourd’hui qu’au milieu du silence, elles nous ont inculqué des valeurs essentielles, telles que la rigueurt et la paix. Par exemple, lors de notre dernier repas, nous étions autorisés à parler, à partager nos témoignages et à rencontrer tous les membres de la communauté. Ce jour-là, j’ai particulièrement apprécié le témoignage d’un des membres de la communauté du Foyer. Son message était rempli de sagesse et bonté. Shimon Peres aurait décrit cette personne comme quelqu’un qui a trouvé une cause plus grande qu’elle même et qui lui aurait consacré sa vie. A ma grande surprise, c’était la personne âgée qui était assise à ma table lors du 1er repas de la retraite. Elle avait l’air très sereine et heureuse de partager ce moment spécial avec tous les retraitants. Comme elle s’était absentée durant le reste de la retraite, j’étais très content de la revoir. Je me suis approché d’elle et lui ai dit: «Je suis ravie de vous revoir. Nous vous avons vu lors de la toute première soirée. Ensuite, vous avez disparu. Que s’est-il passé? “A cela, elle répondit humblement et joyeusement,” Vous savez j’ai du mal à marcher. J’ai donc passé la semaine au sous-sol à couper des légumes et préparer les repas pour vous tous, les retraités. Je voulais m’assurer que vous étiez bien nourri. C’est pourquoi tu ne m’as pas vu. »J’étais bouche bée, et tout ce que je pouvais dire était« Wow ». Ce fut une belle leçon d’humilité.

 

Faire l’expérience du silence dans la nature

Quand nous avions du temps libre, je faisais de courtes siestes (quelque chose que je fais rarement) ou je me promenais autour du Foyer de Charité pour contempler la vie et la nature. Le magnifique cadre combiné avec la vue sur la baie de Trinité et les fleurs stimulaient l’introspection et m’ont aidé à me régénérer intérieurement. Par exemple, durant l’après midi du deuxième jour, j’ai fait une courte promenade le long d’une petite plantation de cocotiers. Ce temps en solo m’a aidé à faire le vide dans ma tête. Comme l’a expliqué le père Aine, quand les gens démarrent une retraite de silence, ils passent d’abord par une phase de dépollution (bruits, inquiétudes et difficultés). Contempler les fleurs, les moutons qui attendaient leur berger, les couleurs dans le ciel, la baie, la côte atlantique et les nombreux paysages étaient de purs moments de joie. Un jour, je me suis allongé sur un banc pour observer les nuages. J’ai découvert à quel point j’étais obsédé par le futur alors que je cherchais juste à profiter du moment présent. Finalement, j’ai ressenti le besoin de remettre ses pensées, sentiments et émotions à Dieu. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’il remplisse mon esprit et coeur d’amour, de paix, d’espoir et de confiance. Sarah Young dans son livre « Un moment avec Jésus » a bien résumé la pensée de Jésus qui nous rappelle que «L’avenir est un fantôme, qui cherche à t’effrayer. Ne te préoccupe pas de lui et reste tout près de moi. »

Ces expériences et moments dans la nature ont largement contribué à diminuer mon stress tout en augmentant chez moi une sentiment de gratitude.

(Aller dans la nature et profiter du silence)

Le deuxième jour de ma retraite, j’ai commencé à lire «Bel espoir – Trouver l’espoir chaque jour dans un monde qui se déchire», un livre que j’avais apporté avec moi. Ce livre a été écrit par Matthew Kelly et plusieurs autres contributeurs. Les contributeurs y partagent leurs histoires personnelles sur des questions telles que « Ou puisez vous votre? Quels sont vos espoirs et vos rêves pour vous-même, vos enfants, votre église, votre communauté et votre pays? Qu’est-ce qui permet de conserver cet espoir et de transformer les rêves en réalité? Quelles sont vos recommandations pour donner de l’espoir aux personnes qui vous entourent? »

Ce petit livre devint rapidement mon compagnon de route durant ma retraite. Dans sa première histoire, le pape François nous exhorta à ne jamais perdre espoir. Pour lui, les gens qui manquent d’espoir n’ont plus de sourire. Et il ajouta: “Quand nous sommes dans les ténèbres et les difficultés, nous ne sourions plus, et c’est précisément l’espérance qui nous apprend à sourire et trouver le chemin qui mène vers Dieu. L’une des premières choses qui arrive aux gens qui se détournent de Dieu, c’est qu’ils deviennent des personnes qui ne sourient plus. Par moment, ils peuvent avoir des petits fous rires au détour de blagues mais leur sourire a disparu. Seul le sourire génère le sourire. C’est un sourire d’espérance dans l’attente de trouver Dieu.» Cette petite phrase m’a profondément marqué et m’a encouragé sourire encore plus au milieu du silence, de la solitude et de toutes les préoccupations, que j’ai laissé à la porte du Foyer de Charité.

 

Faire l’expérience du silence dans la nature

Après avoir lu le message du Pape François sur l’espoir et le sourire, j’ai commencé à observer discrètement les retraitants qui souriaient tout le temps. Ce fut une expérience très enrichissante. Le réfectoire était l’endroit où le silence était le plus intense. C’était surtout le cas lorsque nous attendions que les membres de la communauté nous servent les repas. Durant ces moments, de nombreux retraitants réfléchissaient, fixaient le plafond, regardaient dehors, fermaient les yeux ou rêvassaient. Il est possible que certains fussent gênés et mal à l’aise. En ce qui me concerne, j’ai profité de ces moments pour observer les gens et me demander ce à quoi les autres retraitants pouvaient penser. Je profitais également de ces moments de silence pour faire une relecture de la matinée, faire le vide, rêvasser à l’écoute de la musique introspective et regarder l’océan à travers les fenêtres. J’ai finalement trouvé une personne qui souriait tout le temps. C’était comme si sa bouche et son visage ne pouvaient plus contenir le sourire. Son sourire m’a donnée beaucoup d’espoir. À la fin de la retraite, je suis allé la voir pour la féliciter pour son sourire et son attitude positive remplie d’espoir. Elle en était très reconnaissante. Nous avons rigolé et nous nous sommes souri. Nous avons finalement eu une intéressante conversation sur la santé et nos projets communs. Ce fut pour moi une leçon de vie, de gratitude et d’humilité.

 

Qu’est-il arrivé lorsque nous avons commencé à parler?

Le 31 décembre, juste avant l’heure du déjeuner, nous nous sommes tous rassemblés dans le jardin pour prendre une photo de groupe. Comme vous pouvez le voir ci-dessous, nous avons l’air paisible et joyeux.

Après la photo de groupe, le père Aine a indiqué que nous avions désormais le droit de rompre le silence. Alors que nous nous dirigions vers le réfectoire, de nombreux retraitants parlaient et riaient. Quant à moi, je souriais et appréciais le moment. Après avoir prié et béni la nourriture, je me suis assis à une table avec un nouveau groupe de retraitants. Étonnamment, je suis resté dans un mode contemplatif. Pendant environ 10 minutes, j’ai continué à sourire aux gens, à les regarder et à leur poser des questions sur leurs expériences. J’étais en admiration et je ne voulais pas beaucoup parler. Je choisis mes mots à bon escient. C’était comme si je n’étais pas pressé de rentrer dans notre monde bruyant.

 

Après le déjeuner, nous nous sommes réunis pour la dernière fois dans la salle de la conférence pour un autre enseignement. Puis, avec mon amie Pascaline, nous avons passé un moment de calme dans l’oratoire en priant le chapelet. C’était un endroit serein et magnifique. Je me sentais bien et en sécurité à l’intérieur. Je me souviens avoir dit à mon amie: «Une longue nuit d’adoration eucharistique nous attend, mais je me sens déjà très fatigué, il faudrait que je fasse une sieste.» Ensuite, nous sommes tous retournés au réfectoire pour dîner. Nous avons passé un bon moment et nos discussions ont porté davantage sur la foi. Ensuite, les trois lecteurs et moi nous sommes rassemblés pendant environ 15 minutes pour répéter les lectures.

Vers 19h50, je me suis retiré pour un moment de silence et de solitude dans ma chambre. C’était si bon de m’allonger un peu sur mon lit. Quand nous sommes tous retournés à la chapelle vers 20h30, l’endroit, et toutes les autres salles se remplissaient rapidement. À un moment donné, la directrice de la chorale nous invita à démarrer la célébration avec un chant d’ouverture. À ce moment-là, les deux prêtres, les trois autres lecteurs et moi étions derrière l’autel. La 1ére partie de la célébration comprenait des chants, des passages sur l’histoire du Foyer de Charité, des lectures du journal de Marthe Robin, des prières et la méditation sur les Mystères du Rosaire. Les trois lecteurs et moi-même étions concentrés sur nos missions. Dans l’ensemble, la célébration s’est très bien déroulée, et les gens étaient contents. Nous avons tout donné pour une bonne cause. Finalement, quand nous sommes sortis de la chapelle, j’ai croisé Lise et lui ait dit discrètement: «Lise, je meurs de faim. As-tu encore des sandwiches? »Elle me sourit, attrapa ma main, et dit:« Vous avez tous fait du bon travail avec les lectures. Viens avec moi. Je vais vous donner quelque chose. “Elle m’emmena au sous-sol où apparemment beaucoup de choses se passent et se préparent. Cependant, quand je suis sorti, je me sentais submergé et épuisé. Je sais aujourd’hui que lorsqu’on sort d’une longue période de silence et qu’on retombe rapidement dans le monde avec des lectures, des échanges, des chants, des rigolades et du bruit ce n’est pas sans conséquences. Je me sentais littéralement épuisé après cette expérience. Si on me demandait de recommencer, je le ferais sans hésitation. Cependant, je m’offrirais une sieste (au moins 90 minutes), un grand vert de jus frais de fruits et légumes vert, une douche revigorante et un moment de prière (pour puiser dans la force de Dieu).

Alors, quand je suis rentré à la maison le 1er janvier vers 10 heures, je ne me suis pas précipité pour rentrer dans le monde et parler aux gens. La première chose que j’ai faite a été d’avoir une belle conversation autour de mon expérience avec ma maman. Ensuite, nous avons partagé un très bon moment et le repas du 1er janvier avec ma marraine et plusieurs membres de ma famille.

 

Pourquoi est-il essentiel de faire de la place au silence pour entendre la voix de Dieu?

Il y en chacun de nous une voix puissante, aimante et douce. Je l’appelle La Voix Intérieure ou la Voix de Dieu.

Cette Voix Intérieure existe pour:

  • nous rappeler que nous appartenons à la famille de Dieu
  • nous protéger des erreurs
  • nous garder sur le droit chemin (c’est notre guide le plus fidèle)
  • nous apporter la paix que nous recherchons tous et toutes
  • nous amener vers la réussite et l’épanouissement personnel
  • Donner du sens à nos vies
  • Nous faire découvrir le but de nos vies.

Toutefois, dans le monde d’aujourd’hui, beaucoup d’entre nous ne peuvent plus entendre cette voix intérieure de manière claire La raison est simple. Nous grandissons en étant de plus en plus fasciné par d’autres voix, distractions, les technologies et les divertissements ainsi que la pollution sonore produite par la société.

Matthew Kelly explique que “Trop d’entre nous ont peur du silence et sont pétrifiés par la solitude.” Et il ajoute: « que nous avons besoin de silence et de solitude pour passer du temps avec Dieu pour comprendre qui nous sommes, ce pourquoi nous avons été crées, ce qui importe le plus, et ce qui importe le moins pour savoir prendre les bonnes décisions dans nos vies. Pour citer le cardinal Robert Sarah, il explique dans son livre récent, La Force du Silence, que «le silence est plus important que n’importe quel travail humain». Et il rajouté, “car cela exprime Dieu. La vraie révolution vient du silence; Cela nous amène vers Dieu et les autres, à nous mettre humblement et généreusement à leur service. »

 

Conclusion

Pendant mes six jours de retraite silencieuse et spirituelle, j’ai eu de vraies et profondes rencontres avec la voix de Dieu. Pour citer Rick Warren, nous pouvons entendre la voix de Dieu dans la Bible, à travers des personnes dotées de charisme, des personnes, amis et proches (en particulier des croyants), des petits groupes, des impressions et des expériences douloureuses. Ce silence est non seulement mon guide mais aussi mon meilleur allié dans la vie. Entre autres choses, cette période de silence m’a apporté plus de clarté sur des décisions à prendre dans ma vie à la fois sur le plan personnel et professionnel. Cette expérience m’a permis d’identifier des attitudes d’auto sabotage et les discussions internes qui entravaient mes progrès dans la vie. A travers la prière, j’ai certainement appris à capturer et rejeter les pensées autodestructrices.

Aujourd’hui, grâce à Dieu, je me sens moins dispersé, plus en paix, rempli d’énergie et revigoré que jamais.

Au final, j’ai appris à croire que Dieu nous aime tous, et il veut que nous accomplissions notre but dans la vie. Il nous donne accès à Sa voix pour prendre les meilleures décisions la vie. Cependant, pour entendre sa voix avec clarté, nous devons d’abord faire place au silence.

Cette année, je vais consolider et développer mes connaissances de Coach Chrétien avec l’aide de Professional Coaching Christian Institute. Cela me permettra d’aider et d’accompagner plus de personnes vers le but de leurs vies et là où Dieu les appelle.

Plus important, je vais publier mon autobiographie, qui relate mon histoire et parcours pour trouver le sens de ma vie, ce que Dieu attend de moi dans la vie. Mon livre fournira également un guide pour apprendre à écouter notre voix intérieure.

Mon intention est de travailler en partenariat avec les gens pour les inspirer et diriger vers le sens de leurs vies et ce que Dieu attend d’eux.

Si vous souhaitez recevoir des nouvelles, m’aider et soutenir ma cause, je vous remercie de cliquer ici pour laisser vos coordonnées.

En attendant, j’aimerais vous entendre.

C’est quand la dernière fois que vous fait une pause volontaire pour laisser la place au silence ? Comment vous êtes-vous senti pendant cette expérience? Qu’avez vous appris sur vous? Êtes-vous d’accord que nous devons passer plus de temps avec Dieu dans silence pour prendre des décisions plus importantes dans nos vies?

PS: Mon témoignage est disponible en Anglais ici

About jmdedeyne

My raison d'être is to inspire and lead those who are transitioning towards a more meaningful life to realize their God-given talents. Jean-Marc Dedeyne Enterprises www.jmdedeyne.com
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One Response to Pourquoi une vie accomplie commence-t-elle par le silence?

  1. Regy says:

    Merci Jean-Marc pour ton écrit. C’etait trèsintéressant. Je n’ai jamais fait de retraite en silence. Je suis de nature très silencieuse, et j’aime faire silence pas forcément pour faire une rencontrer avec Dieu. En effet, j’aime me retrouver de temps en temps seule; est ce part ce que je suis née le jeudi qui suivait Pâques?  C’est vrai que lorsque nous prenons le temps de faire silence, nous ressentons  une paix intérieure. J’ai l’impression d’avoir les épaules déchargées d’un poids et que le monde autour n’existe plus. En plus les gens qui font silence voient les choses autrement. Comme que tu l’as si bien dit nous sourions plus et nous avons un visage plus accueillant. Le fait de faire silence permet d’entendre chaque bruit de la nature (oiseaux,grincement des arbres..). Tu arrives aussi à détecter les bonnes et mauvaises odeurs. Durant le carême, je vais faire plus de silence non pas comme j’avais l’habitude de faire mais un silence pour mieux entendre la voix de notre Seigneur. Mounira Regy

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